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Collectif Rural Anti-Décharges

Pourquoi nous sommes contre ce projet,

et contre les décharges en général

  1. PARCE QUE ce qui est dénommé Centre de Traitement de Déchets Ultimes n'est en réalité qu'une immense décharge à ciel ouvert pour l'enfouissement en mélange des déchets industriels et ménagers de tout le département (voire de toute la région).

photo décharge

  1. PARCE QUE cette décharge est un site dangereux et classé comme tel, elle créerait un énorme risque pour l'eau. Outre le fait que le site convoité est sur la ligne de partage des eaux entre la Saône et le Madon, il est situé au-dessus de la nappe phréatique qui alimente en eau potable la plus grande partie des communes de l'ouest vosgien et une partie de l'exploitation des eaux minérales de Vittel et de Contrexéville. Le « substrat géologique » invoqué par la Sita n'est en réalité qu'une couche d'argile de médiocre qualité, ainsi qu'en attestent les études d'impact effectuées par deux hydrogéologues contactés par le CRAD (voir les précisions en bas de cette page et la note technique -cliquer pour y accéder- de M Vançon). Le moindre accident génèrerait une pollution grave et irréversible. Un tel risque est inacceptable et ne peut être pris par les pouvoirs publics responsables de la protection de l'environnement et de la santé.

robinet qui fait la grimace


  1. PARCE QUE la santé des habitants du canton est en jeu : Des études françaises et étrangères montrent très clairement l'impact de ce type d'installation sur la santé : c'est un accroissement de 30 % de différents types de cancers (colon, oesophage, intestins...), des allergies et maladies respiratoires et dans un rayon de 10 km, la présence fréquentes de leucémies, de malformations... Et que penser de l'impact sur notre santé quand on sait qu'un arrêté préfectoral du 19 janvier 2006 article3-V, autorise l'enfouissement de l'amiante ?

Les villages de Jésonville,Vioménil, Belrupt, Escles et Lerrain sont à moins de 5 km à vol d'oiseau du site retenu. Le principe de précaution doit donc prévaloir.

  1. PARCE QUE les nuisances olfactives et visuelles seraient extrêmes. Notre canton a eu jusqu’à présent la chance de ne pas être défiguré par des activités polluantes et malodorantes. Nous avons su accepter les inconvénients de ce manque d'industries (peu d’industries = peu de ressources) en optant pour une économie plus « verte ». Aujourd'hui, tous nos efforts risquent d'être anéantis par la pollution due aux biogaz (toxiques comme leur nom ne l'indique pas), récupérés en partie mais brûlés sur place pour déshydrater les lixiviats (jus toxiques de décharge)... 
     Quant au paysage, que restera-t-il de cette jolie prairie sur la colline lorsque SITA l'aura défigurée avec ses gigantesques travaux de terrassement ?

masque à gaz

  1. PARCE QUE l'économie locale est fondée sur la richesse de la nature : tourisme, loisirs, agriculture, et que ce projet détruirait tout cela. Qui viendrait en vacances tout près d'une poubelle géante? Qui quitterait la ville pour une campagne polluée ?

logo gites      dessin pause randonée       logo goûter à la ferme

  1. PARCE QU’elle serait préjudiciable à l'agriculture, bio ou traditionnelle, et à toute la filière agroalimentaire. En cas de problème, les sociétés qui achètent de la viande ou du lait dans le canton auront vite fait de tracer un périmètre de sécurité autour du site. Dans l'incapacité de vendre leurs produits, nos agriculteurs se verront ruinés.

vache Vosgienne          tarte aux brimbelles          morceau de munster


  1. PARCE QUE cette implantation serait incompatible avec la charte forestière en cours d'élaboration et avec l'intérêt patrimonial, faunistique et floristique de la Vôge considéré comme exceptionnel selon une étude commanditée par M. le préfet en 2002.

ferme vosgienne          cerf          nivéole


  1. PARCE QU' il ne s'agit pas simplement de nos déchets ménagers : 70% des déchets enfouis sont d'origine industrielle. Deviendrons-nous la poubelle officielle du département ? Ceci est contraire à la loi ROYAL de 1992 qui stipule que les déchets des entreprises doivent être traités à proximité du lieu où ils sont produits. EPINAL, REMIREMONT et SAINT-DIE sont les trois premiers producteurs de déchets du département. Le canton de DARNEY, lui, arrive au 26ème rang sur 31.

carte du département



  1. PARCE QUE les déchets seraient apportés par des centaines de semi-remorques (450 par semaine) qui, pour rejoindre la D460 sur laquelle le site est prévu, traverseraient nos villages et nos bourgs, représentant une source de pollution, de bruit et de danger.

semi-remorque


  1. PARCE QU'enfouir des déchets non triés et non ultimes est contraire à la loi de 1992, or c'est ce qui est fait dans la décharge vosgienne de Ménarmont. La Loi n° 92-646 du 13 juillet 1992 a posé les principes suivants :
            - réduction des déchets à la source
            - obligation de (re)valoriser les déchets
            - interdiction de mise en décharge de tout déchet autre qu’ultime, c'est-à-dire non valorisable et autrement que par stockage.
    Au regard de la Loi, la création d'un centre d'enfouissement de déchets du type de celui de Ménarmont serait donc illégale, puisque cela ne fait aucun cas des principes énoncés ci-dessus.




  2. PARCE QU'il y a d'autres solutions :

Solutions visant à la limitation des déchets et à la valorisation de ceux-ci :

- réduction  des déchets à la source grâce à la diminution des emballages et à l’emploi de matériaux recyclables ou biodégradables ;
-
intensification du tri à la source pour séparer les matériaux recyclables ou réutilisables ;
- généralisation du
compostage des fermentescibles.

La motivation pourrait venir de la redevance incitative : facturation au poids grâce à la pesée embarquée.



Nouvelles solutions de valorisation :

- dépolymérisation ou cracking : Ce procédé australien de transformation en carburant des plastiques plats et des plastiques dits « difficiles » est en passe de fonctionner dans la plus grande partie des pays de l'UE ( 14 à ce jour ) . En France, à l'heure de l'envolée durable du prix du pétrole, on préfère faire payer le citoyen (plus de 100 euros la tonne) pour enfouir ou incinérer ces plastiques plutôt que de promouvoir cette valorisation qui est techniquement réalisable et économiquement rentable, sauf pour les enfouisseurs !

- méthanisation : Processus de décomposition engendrant la production de gaz énergétique. La France dispose de 2 usines, alors que l'Espagne en a 6, l'Italie 8, la Suisse 12, les Pays scandinaves 32 et l'Allemagne 53.

- oxydation hydrothermale : Exploitant un brevet du CNRS, la société Hydrothermale Oxydation Option propose une alternative économiquement intéressante pour traiter certains déchets industriels. Elle consiste à "brûler" les déchets industriels dans de l'eau portée à une température et à une pression très élevées et ceci sans avoir à mettre en place un dispositif de traitement de fumée. Source : L'Expansion Juillet-aout 2006 n° 710 p. 101 .

- vitrification : procédé E.D.F. permettant de rendre inertes des déchets dangereux et non recyclables.




Plus d'informations :

Sur le fonctionement et les risques d'un CSDU :

http://www.cniid.org/

http://www.sos-meulles-nature.org/meulles3.html



Sur les risques pour les eaux minérales Vittel et Contrex :

Le projet de décharge de Pierraumont soulève une grave interrogation vis à vis des risques de pollution des eaux. Le site prévu peut difficilement être plus mal choisi. L'implantation est prévue au sommet d'un relief qui constitue la ligne de partage entre les eaux qui s'écoulent vers la Méditerranée (bassin de la Saône) et vers la Mer du Nord (bassin du Madon). Une telle décharge nécessite une installation complexe. Le moindre défaut dans la conception de cette installation ou le moindre incident lié par exemple à une pluie d'orage peuvent facilement entraîner une fuite de "jus de décharge" contenant un concentré de produits dangereux. Ces jus s'écouleront alors dans les affluents du Madon et de la Saône.

D'autre part, le site prévu est implanté au sommet d'un ensemble de terrains gréseux perméables qui constituent le principal réservoir d'eaux souterraines de cette région : les Grès du Trias Inférieur (GTI). Ces eaux qui circulent dans le sous-sol sont extraites pour l'alimentation en eau potable d'un certain nombre de villages et de villes, mais également dans la région de Vittel pour exploiter les eaux minérales. On peut donc craindre à juste titre l'infiltration de "jus de décharge" vers cette ressource vitale. Bien entendu, des précautions seraient prises par les exploitants de la décharge : mise en place d'une barrière d'argile peu perméable et d'une géomembrane, dont la mise en œuvre est délicate et dont la longévité est loin d'être prouvée (on manque d'expérience de longue durée démontrant que les géomembranes sont toujours efficaces au bout de dix ou vingt ans). Mais l'efficacité de ces mesures est loin d'être garantie. De plus, les concepteurs du projet comptent sur la présence de quelques mètres d'argiles gréseuses (les "Couches Rouges") pour compléter la protection vis à vis d'infiltrations des "jus de décharge" vers le réservoir d'eaux souterraines. Mais de nombreuses sources à flanc de coteau prouvent que ces terrains laissent facilement circuler les eaux infiltrées et laisseraient donc les jus contaminés se propager vers l'aquifère. De plus, les jus ayant atteint les cours d'eau s'infiltreraient également en partie vers l'aquifère. La décharge serait donc implantée sur un vaste réservoir que le moindre incident ou le moindre défaut de mise en œuvre risquerait de mettre en danger.

Toute contamination parvenue dans les Grès du Trias Inférieur s'écoulerait vers le Nord en direction de deux centres de captage des eaux souterraines : la région de Mirecourt (alimentation en eau potable des habitants du secteur) et le bassin de Vittel, Contrexéville et Bulgnéville (alimentation en eau potable et exploitation des eaux minérales). Les eaux contaminées pourraient parvenir très vite vers ces deux centres d'exploitation en circulant le long des fissures des grès, en particulier celles qui accompagnent la faille du Madon, ce qui les acheminerait préférentiellement en direction de Vittel.

A-t-on le droit de prendre de tels risques en implantant une décharge à un endroit si vulnérable ? On peut se poser cette grave question d'autant plus qu'il existe de nombreux autres endroits qui peuvent présenter toutes les garanties souhaitées pour une protection efficace de la ressource en eau, en particulier toutes les zones où il n'existe aucun aquifère exploitable et toutes les zones où des formations imperméables très épaisses assurent une protection quasi absolue vis à vis des pollutions, ce qui n'est absolument pas le cas de Pierraumont.


Sur l'impact économique :


La principale richesse de la Vôge est son maintien naturel, qui, seule, permet un développement du territoire.

Une fois déprécié, pollué, quels projets de développement pourront encore aboutir ?

Ceux qui sont en cours de réalisation seront-ils totalement concrétisés ? par exemple, l'aménagement de la Saône, sur 54 km, l'aménagement de sentiers de randonnée ( 26 sont prévus, 2 sont achevés à Escles et à Darney )

Que deviendront, par ailleurs, les gîtes ruraux ?

Qui aura envie de venir passer des vacances à côté d'une poubelle gigantesque ? 

Enfin on peut s'interroger sur l'état futur des populations dans les villages environnant le site de Pierraumont. L'accroissement du nombre d'habitants constaté sur les cinq dernières années risque fort d'être remis en question, avec toutes les conséquences que cela entraîne( école etc..)

Qui aura envie d'y acheter une maison ?

Des conséquences prévisibles sur le monde agricole :

Sous la pression de la grande et moyenne distribution qui construit son image de marque sur la fiabilité des filières, les producteurs de lait du secteur ont déjà reçu des courriers des transformateurs leur demandant d'indiquer s'ils utilisent des produits OGM (charte des bonnes pratiques) et s'ils épandent des boues industrielles sur leurs terrains.
Qu'en sera-t-il dans quelques années lorsque les exploitations agricoles en démarche bio ou résonnée devront mentionnerr qu'elles sont dans un rayon de quatre, dix, quinze ou vingt kilomètres d'une immense poubelle ?
Le consommateur acceptera-t-il d ‘acheter des produits élaborés à proximité d'un tel site ?
N'oubliez pas le principe de précaution, les effets de la vache folle, la grippe aviaire...
Le risque est important pour les filières agroalimentaires. Faut-il laisser ruiner les exploitants ?



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