PARCE QUE ce qui est
dénommé Centre de Traitement de
Déchets Ultimes n'est en réalité
qu'une immense décharge à
ciel ouvert pour l'enfouissement
en mélange des déchets industriels et
ménagers de tout le département (voire de toute
la région).

PARCE QUE cette décharge est un site dangereux et classé comme tel, elle créerait un énorme risque pour l'eau. Outre le fait que le site convoité est sur la ligne de partage des eaux entre la Saône et le Madon, il est situé au-dessus de la nappe phréatique qui alimente en eau potable la plus grande partie des communes de l'ouest vosgien et une partie de l'exploitation des eaux minérales de Vittel et de Contrexéville. Le « substrat géologique » invoqué par la Sita n'est en réalité qu'une couche d'argile de médiocre qualité, ainsi qu'en attestent les études d'impact effectuées par deux hydrogéologues contactés par le CRAD (voir les précisions en bas de cette page et la note technique -cliquer pour y accéder- de M Vançon). Le moindre accident génèrerait une pollution grave et irréversible. Un tel risque est inacceptable et ne peut être pris par les pouvoirs publics responsables de la protection de l'environnement et de la santé.

PARCE QUE la santé des habitants du canton est en jeu : Des études françaises et étrangères montrent très clairement l'impact de ce type d'installation sur la santé : c'est un accroissement de 30 % de différents types de cancers (colon, oesophage, intestins...), des allergies et maladies respiratoires et dans un rayon de 10 km, la présence fréquentes de leucémies, de malformations... Et que penser de l'impact sur notre santé quand on sait qu'un arrêté préfectoral du 19 janvier 2006 article3-V, autorise l'enfouissement de l'amiante ?
Les villages de Jésonville,Vioménil, Belrupt, Escles et Lerrain sont à moins de 5 km à vol d'oiseau du site retenu. Le principe de précaution doit donc prévaloir.
PARCE QUE les nuisances
olfactives et visuelles seraient extrêmes. Notre canton a
eu jusqu’à présent la chance de ne pas
être défiguré par des
activités polluantes et malodorantes. Nous avons su accepter
les inconvénients de ce manque d'industries (peu
d’industries = peu de ressources) en optant pour une
économie plus
« verte ». Aujourd'hui, tous nos
efforts risquent d'être anéantis par la pollution
due aux biogaz (toxiques comme leur nom ne l'indique pas),
récupérés en partie mais
brûlés sur place pour déshydrater les
lixiviats (jus toxiques de décharge)...
Quant
au paysage, que restera-t-il de cette jolie prairie sur la colline
lorsque SITA l'aura défigurée avec ses
gigantesques
travaux de terrassement ?

PARCE QUE l'économie locale est fondée sur la richesse de la nature : tourisme, loisirs, agriculture, et que ce projet détruirait tout cela. Qui viendrait en vacances tout près d'une poubelle géante? Qui quitterait la ville pour une campagne polluée ?

PARCE QU’elle serait préjudiciable à l'agriculture, bio ou traditionnelle, et à toute la filière agroalimentaire. En cas de problème, les sociétés qui achètent de la viande ou du lait dans le canton auront vite fait de tracer un périmètre de sécurité autour du site. Dans l'incapacité de vendre leurs produits, nos agriculteurs se verront ruinés.

PARCE QUE cette implantation serait incompatible avec la charte forestière en cours d'élaboration et avec l'intérêt patrimonial, faunistique et floristique de la Vôge considéré comme exceptionnel selon une étude commanditée par M. le préfet en 2002.

PARCE QU' il ne s'agit pas simplement de nos déchets ménagers : 70% des déchets enfouis sont d'origine industrielle. Deviendrons-nous la poubelle officielle du département ? Ceci est contraire à la loi ROYAL de 1992 qui stipule que les déchets des entreprises doivent être traités à proximité du lieu où ils sont produits. EPINAL, REMIREMONT et SAINT-DIE sont les trois premiers producteurs de déchets du département. Le canton de DARNEY, lui, arrive au 26ème rang sur 31.

PARCE QUE les déchets seraient apportés par des centaines de semi-remorques (450 par semaine) qui, pour rejoindre la D460 sur laquelle le site est prévu, traverseraient nos villages et nos bourgs, représentant une source de pollution, de bruit et de danger.

PARCE QU'enfouir des déchets non triés et
non ultimes est contraire à la loi de 1992, or c'est ce qui est fait dans la
décharge vosgienne de Ménarmont. La Loi
n° 92-646 du 13 juillet 1992 a posé les principes
suivants :
-
réduction des déchets à la source
-
obligation de (re)valoriser les déchets
-
interdiction de mise en décharge de tout déchet
autre qu’ultime, c'est-à-dire non valorisable et
autrement que par stockage.
Au regard de la Loi, la création d'un centre d'enfouissement
de déchets du type de celui de Ménarmont serait
donc illégale, puisque cela ne fait aucun cas des principes
énoncés ci-dessus.
PARCE QU'il y a d'autres solutions :
Solutions visant à la limitation des déchets et à la valorisation de ceux-ci :
-
réduction
des déchets à
la source grâce
à la diminution des emballages et à
l’emploi de
matériaux recyclables ou biodégradables ;
-
intensification du
tri à la source pour
séparer les matériaux recyclables ou
réutilisables ;
- généralisation du compostage
des fermentescibles.
La motivation pourrait venir de la redevance incitative : facturation au poids grâce à la pesée embarquée.
Nouvelles solutions de valorisation :
- dépolymérisation ou cracking : Ce procédé australien de transformation en carburant des plastiques plats et des plastiques dits « difficiles » est en passe de fonctionner dans la plus grande partie des pays de l'UE ( 14 à ce jour ) . En France, à l'heure de l'envolée durable du prix du pétrole, on préfère faire payer le citoyen (plus de 100 euros la tonne) pour enfouir ou incinérer ces plastiques plutôt que de promouvoir cette valorisation qui est techniquement réalisable et économiquement rentable, sauf pour les enfouisseurs !
- méthanisation : Processus de décomposition engendrant la production de gaz énergétique. La France dispose de 2 usines, alors que l'Espagne en a 6, l'Italie 8, la Suisse 12, les Pays scandinaves 32 et l'Allemagne 53.
- oxydation hydrothermale : Exploitant un brevet du CNRS, la société Hydrothermale Oxydation Option propose une alternative économiquement intéressante pour traiter certains déchets industriels. Elle consiste à "brûler" les déchets industriels dans de l'eau portée à une température et à une pression très élevées et ceci sans avoir à mettre en place un dispositif de traitement de fumée. Source : L'Expansion Juillet-aout 2006 n° 710 p. 101 .
- vitrification : procédé E.D.F. permettant de rendre inertes des déchets dangereux et non recyclables.
Le projet de décharge
de Pierraumont
soulève une
grave interrogation vis à vis des risques de pollution des
eaux. Le site prévu peut difficilement
être plus mal
choisi. L'implantation est prévue au sommet d'un
relief
qui constitue la ligne de partage entre les eaux qui
s'écoulent
vers la Méditerranée (bassin de la
Saône) et vers
la Mer du Nord (bassin du Madon). Une telle décharge
nécessite
une installation complexe. Le moindre défaut dans la
conception de cette installation ou le moindre incident lié
par exemple à une pluie d'orage peuvent facilement
entraîner
une fuite de "jus de décharge" contenant un
concentré de produits dangereux. Ces jus
s'écouleront
alors dans les affluents du Madon et de la Saône.
D'autre
part, le site prévu est implanté au sommet d'un
ensemble de terrains gréseux perméables qui
constituent
le principal réservoir d'eaux souterraines de cette
région : les Grès du Trias
Inférieur
(GTI). Ces eaux qui circulent dans le sous-sol sont extraites pour
l'alimentation en eau potable d'un certain nombre de villages et de
villes, mais également dans la région de Vittel
pour
exploiter les eaux minérales. On peut
donc craindre à
juste titre l'infiltration de "jus de décharge" vers
cette ressource vitale. Bien entendu, des précautions
seraient
prises par les exploitants de la décharge : mise en
place
d'une barrière d'argile peu perméable et d'une
géomembrane, dont la mise en œuvre est
délicate et
dont la longévité est loin d'être
prouvée
(on manque d'expérience de longue durée
démontrant
que les géomembranes sont toujours efficaces au bout de dix
ou
vingt ans). Mais l'efficacité de ces mesures est loin
d'être
garantie. De plus, les concepteurs du projet comptent sur la
présence
de quelques mètres d'argiles gréseuses (les
"Couches
Rouges") pour compléter la protection vis à vis
d'infiltrations des "jus de décharge" vers le
réservoir d'eaux souterraines. Mais de nombreuses sources
à
flanc de coteau prouvent que ces terrains laissent facilement
circuler les eaux infiltrées et laisseraient donc les jus
contaminés se propager vers l'aquifère. De plus,
les
jus ayant atteint les cours d'eau s'infiltreraient également
en partie vers l'aquifère. La décharge serait
donc
implantée sur un vaste réservoir que le moindre
incident ou le moindre défaut de mise en œuvre
risquerait de
mettre en danger.
Toute contamination parvenue dans les Grès
du Trias Inférieur s'écoulerait vers le Nord en
direction de deux centres de captage des eaux souterraines :
la
région de Mirecourt (alimentation en eau potable des
habitants
du secteur) et le bassin de Vittel, Contrexéville et
Bulgnéville (alimentation en eau potable et exploitation des
eaux minérales). Les eaux contaminées pourraient
parvenir très vite vers ces deux centres d'exploitation en
circulant le long des fissures des grès, en particulier
celles
qui accompagnent la faille du Madon, ce qui les acheminerait
préférentiellement en direction de Vittel.
A-t-on
le droit de prendre de tels risques en implantant une
décharge
à un endroit si vulnérable ?
On peut se poser
cette grave question d'autant plus qu'il existe de nombreux autres
endroits qui peuvent présenter toutes les garanties
souhaitées
pour une protection efficace de la ressource en eau, en particulier
toutes les zones où il n'existe aucun aquifère
exploitable et toutes les zones où des formations
imperméables
très épaisses assurent une protection quasi
absolue vis
à vis des pollutions, ce qui n'est absolument pas le cas de
Pierraumont.
Une
fois déprécié, pollué,
quels projets de
développement pourront encore aboutir ?
Ceux qui
sont en cours de réalisation seront-ils totalement
concrétisés ? par exemple,
l'aménagement de
la Saône, sur 54 km, l'aménagement de sentiers de
randonnée ( 26 sont prévus, 2 sont
achevés à
Escles et à Darney )
Que deviendront, par ailleurs,
les gîtes ruraux ?
Qui aura envie de venir passer
des vacances à côté d'une poubelle
gigantesque ?
Enfin on peut s'interroger sur l'état futur des
populations dans les villages environnant le site de Pierraumont.
L'accroissement du nombre d'habitants constaté sur les cinq
dernières années risque fort d'être
remis en
question, avec toutes les conséquences que cela
entraîne(
école etc..)
Des conséquences prévisibles
sur le monde agricole :
Sous la pression de la grande et
moyenne distribution qui construit son image de marque sur la
fiabilité des filières, les producteurs de lait
du
secteur ont déjà reçu des courriers
des
transformateurs leur demandant d'indiquer s'ils utilisent des
produits OGM (charte des bonnes pratiques) et s'ils épandent
des boues industrielles sur leurs terrains.
Qu'en sera-t-il
dans quelques années lorsque les exploitations agricoles en
démarche bio ou résonnée devront
mentionnerr
qu'elles sont dans un rayon de quatre, dix, quinze ou vingt
kilomètres d'une immense poubelle ?
Le
consommateur acceptera-t-il d ‘acheter des produits
élaborés
à proximité d'un tel site ?
N'oubliez pas
le principe de précaution, les effets de la vache folle, la
grippe aviaire...
Le risque est important pour les filières
agroalimentaires. Faut-il laisser ruiner les exploitants ?